La Banque d'Angleterre (BoE) a présenté mardi une proposition de nouveau cadre pour la liquidité bancaire, dont l'objectif est de renforcer la préparation des établissements financiers face aux crises.
La Prudential Regulation Authority (PRA), l'organisme de régulation des services financiers de la banque centrale britannique, a déclaré que les modifications proposées s'appuient sur les enseignements tirés des faillites de Silicon Valley Bank et de Credit Suisse en mars 2023.
"Nous avons axé les changements non pas sur l'augmentation du montant des actifs liquides que les banques doivent détenir, mais plutôt sur la garantie que ces actifs remplissent leur fonction et soient réellement utilisables en cas de panique bancaire", a déclaré Sam Woods, directeur général de la PRA.
L'organisme de réglementation a présenté ces modifications dans le cadre d'un processus de consultation de trois mois qui a débuté mardi.
Ces propositions prévoient notamment d'obliger les banques à réaliser des tests de résistance ("stress tests") internes afin d'évaluer comment elles réagiraient face à une sortie massive de fonds sur une semaine.
Elles visent ainsi à rationaliser les procédures d'information et à encourager les établissements à se tenir prêts à recourir aux instruments de la banque centrale en cas de crise.
La perspective de paniques bancaires alimentées par les réseaux sociaux a fait apparaître de nouveaux risques pour les autorités de régulation.
La Banque d'Angleterre a souligné qu'aux États-Unis, la Silicon Valley Bank avait enregistré en 2023 un taux de retrait des dépôts de 85% en deux jours, contre 20% pour la banque britannique Northern Rock en quatre jours en 2007.
Les experts estiment par ailleurs que l'organisme de réglementation doit faire preuve de prudence.
"La PRA devra faire preuve de prudence avant d'imposer des exigences de liquidités supplémentaires aux entreprises suite au nouveau test de résistance", a déclaré Rob Dedman, associé du cabinet d'avocats CMS et ancien responsable de l'application de la réglementation à la PRA.
"Historiquement, la PRA a été critiquée pour imposer des exigences disproportionnées aux petites entreprises. Toute intervention de la PRA dans ce secteur devra tenir compte du fait que les petites entreprises peuvent avoir besoin de plus de temps que les grandes entreprises pour satisfaire aux exigences de liquidités supplémentaires", a-t-il déclaré.
Ce nouvel examen approfondi fait suite à un avertissement lancé ce mois-ci par la Banque des règlements internationaux (BRI) sur la nécessité d'une meilleure préparation aux crises.
Les autorités américaines ont également annoncé au début du mois une révision des règles relatives à la liquidité bancaire, précisant que leur objectif était de répondre aux inquiétudes selon lesquelles le cadre actuel pourrait limiter l'octroi de prêts.
(Rédigé par Phoebe Seers, version française Diana Mandia, édité par Blandine Hénault)

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